Projet : Distribution de lampes solaires au Burkina Faso

En 2016, la Banque Mondiale a publié un rapport mettant en évidence une légère augmentation du taux d’électrification en Afrique subsaharienne1. Cependant, un rapport publié en 2019 présente l’Afrique subsaharienne comme la région qui présente le plus important déficit d’accès : sur une population de 573 millions d’habitants, plus d’une personne sur deux n’ont pas accès à l’électricité2. Quant au taux d’accès de la population du continent en milieu rural, celui-ci est de 25% en 20203.

Par ailleurs, l’utilisation privilégiée de la biomasse traditionnelle (le chauffage au bois notamment) aux dépens d’autres sources d’énergies apparaît comme une ombre au tableau. En effet, la biomasse désigne le procédé qui valorise des matières organiques (solides, liquides ou gazeuses) en énergie. Elle consiste souvent en une combustion de cette matière organique.  Dans le cas du Burkina Faso, il s’agit de bois qui est brûlé pour produire de l’énergie calorifique pour la cuisson ou le chauffage. Dans ce cas de figure, il ne s’agit pas d’une source dite renouvelable car le combustible utilisé n’est pas régénéré dans les mêmes proportions que sa consommation et participe activement à la déforestation. Un double effet se produit avec le bois car les arbres abattus ne permettent plus la captation de CO2, et pire encore, le CO2 capté durant leur vie est relâché au cours de la combustion.

Il existe pourtant de nombreuses alternatives énergétiques sur le continent et depuis le début des années 2000 certains acteurs institutionnels et privés optent de plus en plus pour une production d’électricité issue des sources d’énergie renouvelable. A ce titre, le Burkina Faso a ouvert en 2016 la première centrale d’Afrique de l’Ouest. Pour cause, le Burkina Faso présente l’avantage d’un éclairement solaire important et par conséquent d’un potentiel énergétique qui l’est tout autant4.

Au Burkina Faso, seulement 16% de la population a accès à l’électricité en 20165. Par ailleurs, selon l’Agence Burkinabè de l’Electrification Rurale, en 2015, le taux d’électrification rurale était de seulement 3% et à la fin de l’année 2020 de 22%6.

Par le biais de conférences sur le sujet organisées afin de sensibiliser le public à ces enjeux mais aussi à travers des projets mis en œuvre directement en Afrique, TEOA a souhaité agir. C’est ainsi que fin 2016 TEOA a décidé d’implémenter le projet « Light Up Burkina » de distribution de lampes solaires au Burkina Faso. Par ailleurs, deux conférences ont été organisées sur « Les Energies renouvelables en Afrique » au Centre Panthéon de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en collaboration avec l’association Sorbonne pour l’Organisation des Nations Unies (le 23 novembre 2017) et à l’école d’ingénieurs ENSEA en partenariat avec l’association HUM’ENsea (le 27 mars 2019).

Le projet « Light Up Burkina », qu’est-ce que c’est ?

Dans le but d’améliorer les conditions de vie des populations rurales et de soutenir des femmes entrepreneures dans leurs activités économiques

, TEOA a voulu mener une initiative simple et porteuse
d’espoir en se procurant 150 lampes solaires (équipées de ports USB permettant de recharger un téléphone).

En premier lieu, l’objectif du projet était d’améliorer le niveau de vie de 100 foyers de la commune de Komki-Ipala (située à la périphérie de Ouagadougou), en visant surtout les femmes les plus vulnérables et leurs familles. La vente de lampes solaire à 100 femmes sélectionnées, à un prix minime (2000 FCFA soit environ 3 euros), a pour but de leur permettre de maintenir leurs différentes activités économiques (activités de maraîchage, préparation de leurs marchandises) pendant la soirée. L’utilisation des lampes solaires a également pour conséquence directe une augmentation de l’épargne mensuelle de ces personnes grâce aux économies faites sur les frais déboursés habituellement pour l’utilisation des lampes à pétrole et l’achat de bougies. De plus, ces lampes permettent aux enfants des femmes bénéficiaires de continuer leurs activités scolaires une fois la nuit tombée tout en favorisant le lien social au sein de ces foyers.

Deux centres de soins et de promotion sociale (de Lao et de Gampela), deux écoles (de Vipalogo et de Gampela) et un centre d’éveil (de l’Association pour le Développement Intégral Humain Durable et dans l’Intégrité) situés dans les communes de Saaba et de Komki-Ipala ont également tous reçu gratuitement 10 lampes solaires. Le but est, d’une part, de permettre au personnel médical de continuer à prodiguer des soins dans les meilleures conditions (poses de voies veineuses, accouchement, sutures,…)  aux communautés locales à la tombée de la nuit. D’autre part, l’objectif est de soutenir une éducation de qualité, les élèves bénéficiaires pouvant grâce aux lampes poursuivre leurs travaux scolaires et apprendre leurs leçons après les cours (à l’école ou en groupes organisés dans leurs villages). Ces deux écoles étant par ailleurs des centres d’examen où des élèves dorment sur place lors de ces périodes, les lampes solaires sont alors d’autant plus bénéfiques.

Le centre de soin de Gampela, situé dans la commune rurale de Saaba a reçu également du matériel médical financé grâce aux fonds reçus de la vente des lampes solaires dans la commune de Komki-Ipala. Cette donation a permis ainsi de créer un cercle vertueux de solidarité entre les deux communes.

En second lieu, l’objectif du projet était de sensibiliser les habitants aux énergies vertes et leurs bienfaits, à des techniques de cuisson alternatives, ainsi qu’à la réduction des niveaux de toxicité liée à l’utilisation des sources d’énergies traditionnelles.

Qui sont nos partenaires ?

« Light Up Burkina » est un projet inclusif. En effet, toutes les parties prenantes concernées ont été impliquées dans la mise en place du projet, depuis sa conception à sa réalisation, le tout en favorisant le développement du tissu économique local.

S’agissant de la prospection et de la mise en œuvre du projet sur place, nous nous sommes associés à PLAY & GIVE , association reconnue au Burkina Faso et en France, dont l’objectif principal est d’améliorer autant que possible le quotidien d’enfants burkinabè démunis. En effet, TEOA a choisi de mettre en œuvre une stratégie « Bottom-Up », en fondant son action sur une étude préalable de terrain. PLAY & GIVE a réalisé des enquêtes, a rencontré les acteurs clés du développement de différentes communes et a visité les ménages afin d’identifier les zones plus vulnérables en fonction des critères suivants : la forte concentration d’écoles, le manque de centres de soins, une précarité manifeste, la densité démographique importante et la présence de nombreuses femmes commerçantes.

Le fournisseur des lampes solaires est l’entreprise LAGAZEL . Il s’agit d’une société qui produit différents types de lampes solaires qu’elle fabrique à l’échelle industrielle en Afrique. Les composants proviennent en majorité de fournisseurs français et les lampes solaires sont fabriquées dans des ateliers africains proches des futurs bénéficiaires, à l’instar de l’atelier créé au Burkina Faso. En nous associant avec LAGAZEL nous soutenons ainsi la création d’emplois au Burkina Faso.

L’entreprise sociale NAFA NAANA  anime des ateliers destinés aux habitants dont l’objet est d’expliquer le fonctionnement des lampes solaires et ainsi d’assurer une utilisation durable des celles-ci. NAFA NAANA sensibilise également aux techniques de cuisson alternatives, et, aux bienfaits environnementaux et économiques de l’utilisation des énergies vertes.

Le projet fait l’objet d’un suivi assuré par Monsieur Zakary Kabré, juriste de formation spécialisé notamment dans la collecte et le traitement de données qualitatives et quantitatives, ainsi que dans la coordination et le suivi-évaluation de projets.

Comment le projet a-t-il été financé ?

En mars 2019, TEOA a reçu une subvention de la part de SYNERGIE SOLAIRE qui a permis de couvrir 60% des fonds nécessaires pour l’exécution du projet. Ce financement a été possible grâce au parrainage de la société JP ENERGIE ENVIRONNEMENT ainsi que de la banque BPCE ENERGECO.

L’autre partie des fonds a pu être récoltée grâce à nos généreux donateurs. En effet, plusieurs événements ont été organisés dont l’exposition d’art « African Expo » avec l’agence WASANII YA LEO et les artistes qu’elle accompagne, au Village Suisse (Paris), le 29 et 30 novembre de la même année. De plus, en 2019 et 2020, deux campagnes de crowdfunding et une vente de tote-bags ont été réalisées afin de collecter des fonds pour le projet et couvrir les coûts supplémentaires résultant de l’annulation de dernière minute de notre départ prévu en 2020 pour le Burkina Faso, suite aux mesures de restriction aux frontières imposées par l’épidémie de COVID-19.

Comment s’est déroulée la mise en œuvre du projet ?

En 2021, le projet « Light Up Burkina » a pu être réalisé ! Du 17 au 21 février 2021, quatre membres de l’association se sont rendus dans les communes de Komki-Ipala et de Saaba au Burkina Faso pour mettre en œuvre le projet.

JOUR 1 : Arrivée à Ouagadougou

A son arrivée notre équipe s’est réunie avec nos partenaires de Play & Give, Nafa Naana et M. Zakary Kabré afin de finaliser la préparation des événements des jours suivants.

JOUR 2 :  Départ vers la commune de Komki-Ipala 

 L’équipe a réalisé la distribution des lampes solaires aux 100 femmes entrepreneures présélectionnées bénéficiaires du projet, moyennant la somme symbolique de 2000 FCFA soit environ 3 euros, lors de deux cérémonies à Tintilou et à Vipalogo. TEOA a également remis gratuitement 10 lampes solaires à l’école primaire publique de Vipalogo.

Etaient présents nos partenaires Play & Give et Nafa Naana, les autorités locales et coutumières, ainsi que le directeur de l’école primaire de Vipalogo.

L’équipe s’est également rendue au Centre de Soin et de Promotion Sociale (CSPS) de Lao afin de remettre gracieusement 10 lampes solaires, en présence du conseiller municipal de Lao et du Major du CSPS de Lao.

Nafa Naana a présenté à chacun le fonctionnement et l’utilisation des lampes solaires et a sensibilisé les bénéficiaires aux bienfaits environnementaux des énergies vertes.

JOUR 3 : Départ vers la commune de Saaba

 L’équipe s’est rendue sur la commune de Saaba et a remis 10 lampes solaires au centre d’éveil de l’Association de Développement Intégral Humain Durable et dans l’Intégrité (ADIHDI) et son Président M. Paul Nikiema. Les lampes permettent de soutenir l’association dans son accompagnement des enfants dans leurs études et de leurs mères, et, d’éclairer la bibliothèque récemment construite.

Une cérémonie a ensuite eu lieu à l’école primaire de Gampela en présence des autorités locales afin de remettre dix lampes solaires et du matériel médical au CSPS de Gampela. Le cercle vertueux produit par l’acquisition des lampes solaires par ces 100 femmes a permis l’achat dudit matériel médical.

10 lampes solaires ont également été remises au directeur de l’école primaire de Gampela pour l’école. A l’instar du centre d’éveil ADIHDI, ce dernier organise un système de rotation permettant, à tour de rôle, à chaque élève, de prendre une lampe solaire avec lui pour réaliser ses devoirs le soir et en faire bénéficier d’autres enfants habitant aux alentours dans le cadre d’un groupe de travail.

Comme la veille, des ateliers de formation et de sensibilisation ont été animés par Nafa Naana.

JOUR 4 : Retour à Ouagadougou

 Nous nous sommes retrouvés avec nos partenaires pour faire le bilan de l’ensemble des opérations mises en œuvre ces derniers jours. Pour plus de photos de la mission, c’est ici.

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Nous tenons à ce que notre action ait un réel impact. Ainsi, tous les 6 mois une mission de suivi sera réalisée afin d’évaluer, notamment, si les lampes sont bien utilisées, dans quelle mesure elles ont été intégrées dans le quotidien de chacun et quels bénéfices les propriétaires de ces lampes en ont tirés.

Enfin, dans trois ans à compter de la réalisation du projet, un rapport d’impact sera réalisé.

Revivez en vidéos les moments forts de notre projet